Cette année, nous célébrons une étape exceptionnelle : Vétérinaires Sans Frontières souffle ses 40 bougies. Depuis quatre décennies, nous nous engageons à promouvoir l’élevage, à vacciner les animaux et à protéger la santé des humains, des animaux et de l’environnement. Quatre décennies d’engagement inconditionnel, de travail d’équipe intense et de collaborations transfrontalières.
Voici l’histoire d’une organisation qui a apporté de l’espoir aux éleveurs des régions les plus reculées de la planète.
De nos débuts à la victoire contre la peste bovine

En 1997, Vétérinaires Sans Frontières s’installe aux Comores. À droite, on peut voir Eddy Timmermans qui, après 40 ans, fait toujours partie de notre organisation.
Tout a commencé en 1985, au milieu d’une famine dévastatrice en Afrique de l’Est. Trois vétérinaires idéalistes, dont Eddy Timmermans, qui fait encore partie de notre équipe aujourd’hui, décident d’unir leurs forces et fondent Vétérinaires Sans Frontières. Ils s’inspirent de leurs collègues français qui ont créé Lyon Vétérinaires Sans Frontières deux ans plus tôt. Convaincu que des animaux en bonne santé contribuent à des communautés en bonne santé, l’un d’eux quitte tout pour partir en Équateur. Là-bas, il collabore avec le tout premier vétérinaire local et jette les bases de l’organisation telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Le chemin vers la reconnaissance officielle en tant qu’ONG aboutit en 1997, mais notre travail avait déjà commencé plus tôt dans les années 1990 au Soudan, où nous avions rejoint la lutte mondiale contre la peste bovine. Dans un contexte de guerre civile, nous avons formé des agents communautaires de santé animale locaux et collaboré avec les communautés pour combattre la peste bovine. Joep van Mierlo, directeur général, raconte : « À cette époque, une guerre civile faisait rage, il n’y avait ni gouvernement ni autorités publiques. En fait, il n’y avait rien. Pourtant, Vétérinaires Sans Frontières se rend sur place pour former la population locale à détecter des cas de peste bovine. » Le résultat ? Le Soudan est officiellement déclaré exempt de peste bovine en 2005, et en 2011, une victoire mondiale est obtenue : la maladie est éradiquée. Et Eddy Timmermans d’ajouter : « Notre contribution à l’éradication de la peste bovine est l’un de nos plus grands succès. Dans les régions les plus reculées, nous avons formé des agents communautaires de santé locaux, faute de vétérinaires sur place. Sans eux, cela n’aurait jamais été possible. »
Une force qui fait la différence

Grâce, entre autres, à Vétérinaires Sans Frontières, le Soudan est exempt de peste bovine depuis 2005.
Au-delà du Soudan, notre action s’étend rapidement dans les années 1990 à des pays comme le Mali, les Comores et le Kenya, puis au début des années 2000 au Rwanda, au Niger et à la Mauritanie. Le Burkina Faso, l’Ouganda et la RD du Congo rejoignent ensuite notre action, suivis au cours de la dernière décennie par le Burundi, la Tanzanie et le Bénin. Dans toutes ces régions, les familles d’agriculteurs dépendent en grande partie du bétail pour survivre. Elles doivent pourtant faire face à d’immenses défis, comme la sécheresse, les inondations et les conflits. De plus, nous intervenons souvent dans des zones politiquement instables, que les autorités considèrent comme des « no-go zones ». « Nous travaillons depuis des décennies dans des zones rouges, où les ambassades déconseillent de se rendre. Pourtant, c’est précisément là que notre aide est la plus indispensable », souligne notre directeur.
Autrefois petite, notre organisation est devenue une force qui fait la différence. Partout dans le monde, des villages reculés aux vastes pâturages, nous avons aidé les populations à s’aider elles-mêmes. Vétérinaires Sans Frontières croit en la force des communautés locales. En collaboration avec une vingtaines d’organisations partenaires locales, nous soutenons ces communautés et renforçons leur résilience, précise E. Timmermans : « Notre mission ne se limite pas à installer un vétérinaire local, nous veillons aussi à ce que les éleveurs aient accès aux soins vétérinaires lorsqu’ils en ont besoin. C’est la clé d’un changement durable. » Cela signifie que nous ne nous contentons pas de résoudre les problèmes, nous créons aussi des solutions que les populations peuvent elles-mêmes poursuivre. « Il est essentiel de ne pas considérer nos initiatives comme une aide ponctuelle sans engagement. Nous travaillons sur un modèle économique qui permet aux communautés de générer un revenu durable », souligne J. Van Mierlo.
Le cœur battant de Vétérinaires Sans Frontières : One Health

Mauritanie, 2024. 40 ans plus tard, nous sommes toujours actifs dans 10 pays africains. © Karaï
Au cœur de toutes les actions de Vétérinaires Sans Frontières se trouve le principe « One Health » : la conviction que la santé des humains, des animaux et de l’environnement est inextricablement liée. Cette croyance en l’interdépendance et la cohésion constitue le cœur de chacune de nos interventions et de chacune des étapes que nous entreprenons. Notre expertise dans ce domaine a été reconnue par l’OMSA, l’Organisation mondiale de la santé animale, qui nous a sollicités pour rédiger un document de référence : « Vers 2020, on nous a demandé de rédiger le programme de formation des Community Animal Health Workers (agents communautaires de santé animale). Cela témoigne de notre impact à l’échelle mondiale », explique J. Van Mierlo. Nous devons l’attention de cette organisation internationale – et essentielle pour nous – à notre collaboration avec onze autres organisations, principalement en Europe, réunies au sein de Vétérinaires Sans Frontières (VSF) International. Ce programme de formation n’est qu’un des nombreux projets d’avenir prometteurs que notre ONG et l’ensemble de la famille VSF attendent avec enthousiasme.
Si nous jetons un œil rétrospectif sur les 40 dernières années, nous constatons qu’elles ont été marquées par la résilience, l’innovation et la collaboration. Et tandis que nous célébrons ce magnifique parcours, nous regardons vers l’avenir avec la même détermination. Ensemble, nous continuons à bâtir un monde où la compassion et la solidarité dépassent les frontières, et où les animaux, les humains et les écosystèmes vivent en synergie.
Célébrons ensemble tout ce qui a déjà été accompli et restons motivés pour réaliser tout ce qui nous attend encore.

