Une nouvelle clinique vétérinaire à Natitingou pour garantir disponibilité, conseils et bonne santé aux animaux

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Le 1er février, la clinique vétérinaire de Natitingou a officiellement ouvert ses portes. Des mois de travail acharné pour le docteur Dimas et notre équipe ont été nécessaires afin que tout soit prêt pour cette inauguration. La télévision locale était présente pour couvrir l’événement, tout comme plusieurs dizaines de doses de vaccins contre la rage, une maladie encore présente dans la région et qui provoque encore des décès, notamment chez des enfants.

L’accès aux médicaments vétérinaires : un défi majeur

Dans le nord du Bénin, l’accès aux médicaments vétérinaires reste un défi important. Il arrive qu’un diagnostic soit posé, mais que l’animal meure faute d’un médicament disponible rapidement. Cette situation laisse les éleveurs et les agents vétérinaires démunis face à la maladie.

Comme l’a partagé avec nous Adamou, éleveur de moutons à Boukoumbé :

Adamou, éleveur à Boukoumbé appuyé par Patient, ACSAQ ©Loïc Delvaulx

« L’une des difficultés que nous avons, c’est le problème de mortalité. Il n’y a pas de pharmacie à Boukoumbé, il faut aller à Natitingou pour acheter des produits. Mais la maladie n’attend pas. Le vétérinaire vient, mais parfois il n’a pas le produit sur lui. Alors il faut attendre — et parfois, le produit vient trop tard, et l’animal meurt. »

Son témoignage reflète une situation vécue par de nombreux éleveurs de la région. Le manque d’accès aux médicaments vétérinaires est un obstacle majeur à la santé animale. Dans plusieurs communes, les pharmacies vétérinaires sont éloignées, et il faut souvent parcourir de longues distances pour trouver un traitement. Cette réalité freine le travail des professionnels du soin animal. Même s’ils posent le bon diagnostic, ils ne peuvent pas toujours administrer les soins par manque de produits disponibles. L’éleveur doit pourtant payer la consultation, ce qui accentue la frustration et dissuade parfois de faire appel à un vétérinaire.

Les risques des solutions alternatives

Par manque de moyens ou de solutions rapides, beaucoup d’éleveurs recourent encore à des remèdes traditionnels ou se tournent vers le marché illégal de produits et d’antibiotiques venant du Nigéria ou du Togo, au risque d’aggraver les pertes. Cela augmente non seulement les pertes animales, mais représente aussi un risque pour la santé humaine et animale. L’usage incorrect des antibiotiques peut entraîner l’apparition de résistances à ceux-ci, compromettant l’efficacité des traitements. En Afrique de l’Ouest, la résistance aux antibiotiques reste un enjeu majeur de la santé humaine provoquant chaque année des milliers de décès.

La clinique vétérinaire de Natitingou : un accès régulier et fiable

Harouna, technicien vétérinaire diplômé travaillant à la Clinique Vétérinaire de Natitingou ©Loïc Delvaulx

La clinique vétérinaire de Natitingou permet désormais un accès régulier et financièrement abordable aux produits nécessaires pour soigner les animaux. Elle réduit ainsi les risques liés à ces circuits parallèles.

L’expérience d’Adamou illustre à quel point la santé animale reste un enjeu majeur au Bénin, particulièrement dans les zones rurales et périurbaines. Beaucoup d’éleveurs possèdent des savoirs empiriques solides. Cependant, l’accès aux soins vétérinaires reste limité, soit par manque d’infrastructures, soit en raison du coût ou d’habitudes culturelles.

Jeanne BIADAJA, éleveuse à Natitingou appuyée par la clinique vétérinaire ©Loïc Delvaulx

C’est également ce que nous confie Jeanne, éleveuse passionnée par ses animaux depuis de nombreuses années. Elle possède des moutons, des poules et s’est récemment lancée dans l’élevage de chèvres. Elle utilise à la fois un terrain au centre-ville pour le pâturage et des parcelles extérieures qu’elle surveille étroitement pour éviter les vols. Bien que son âge avancé ne lui permette plus de faire toutes les activités de soin, elle passe cependant beaucoup de temps assise sur sa chaise, à observer ses animaux. Ce suivi régulier de l’état de santé de son troupeau est essentiel.

Jeanne raconte :

« Quand je vois qu’un animal n’est pas bien, je l’observe attentivement, je note les symptômes et parfois je prépare des remèdes naturels. Si je doute, j’appelle mon fils, qui est auxiliaire vétérinaire dans le sud du pays, et il me conseille sur ce qu’il faut faire. »

Cette citation illustre bien sa rigueur et son attachement aux animaux. Elle souligne aussi que Jeanne a la chance unique de pouvoir compter sur un membre de sa famille formé et disponible pour l’accompagner. Tous les éleveurs n’ont pas cette possibilité, ce qui rend la proximité d’une clinique vétérinaire fiable encore plus précieuse.

Une clinique de proximité au service des éleveurs

La proximité de la clinique vétérinaire de Natitingou prend tout son sens. Chaque éleveur peut accéder rapidement à un professionnel disponible 7 jours sur 7. Il peut signaler un comportement ou un symptôme anormal et recevoir un suivi immédiat. Cette accessibilité favorise la détection précoce des maladies, des conseils adaptés et des traitements rapides.  Ainsi, les risques de pertes et de propagation de maladies sont considérablement réduits. La clinique devient un point de référence fiable, renforçant la santé animale et la sécurité alimentaire dans la région.

Dans un contexte où les maladies animales peuvent avoir des répercussions directes sur les revenus, la sécurité alimentaire et la santé publique (zoonoses), l’amélioration de la couverture vétérinaire constitue une étape essentielle de l’approche « One Health ».
Grâce à des structures comme celle de Natitingou, de nombreux éleveurs comme Adamou et Jeanne peuvent désormais bénéficier d’un accompagnement vétérinaire régulier. Cela garantit la durabilité des systèmes d’élevage au Nord Bénin.

Huit mois d’activité : des résultats encourageants

Docteur Dimas, 30 ans, vétérinaire privé en charge de la Clinique Vétérinaire VetCarePlus ©Loïc Delvaulx 

En huit mois seulement, la clinique vétérinaire de Natitingou s’est imposée comme un point de référence pour les éleveurs du nord Bénin. Plus de 3 000 éleveurs y ont déjà fait appel. Plus de 200 vaccins contre la rage, 1 000 traitements antibiotiques et 3 000 antiparasitaires ont été administrés.
Ces chiffres témoignent d’un besoin réel et d’une confiance croissante dans les services vétérinaires de proximité.
En parallèle, les Agents Communautaires de Santé Animale poursuivent leurs actions de prévention et de sensibilisation dans les villages. Cela amplifie encore l’impact sur la santé animale et la sécurité alimentaire dans la région.