« Je ne parvenais pas à satisfaire la demande des éleveurs »

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Solange Mugiraneza (36 ans) et Désiré Twahirwa (35 ans) sont vétérinaires et tiennent une pharmacie à Ntyazo, dans le Sud du Rwanda. Chaque matin, Solange y assure une permanence de 7 à 14h pour les éleveurs des environs. Elle les conseille et leur vend les médicaments et compléments alimentaires dont ils ont besoin pour leurs bêtes. Pendant ce temps, Désiré parcourt la région en moto et rend visite aux éleveurs chez eux, pour soigner les bêtes malades. L’après-midi, il prend le relais à la pharmacie pendant que Solange supervise les travaux des champs et s’occupe de leurs deux enfants.

Si la situation du couple est aujourd’hui confortable, tout n’était pas aussi rose au début de leur carrière, en 2010 : « J’ai travaillé pendant deux ans comme employé dans une pharmacie vétérinaire avant d’ouvrir ma propre pharmacie. Mais j’avais très peu de produits à proposer aux éleveurs, et je ne parvenais pas à satisfaire leur demande. Pour aller soigner leurs bêtes, je devais marcher ou me déplacer en vélo. Parfois, je prenais un taxi-moto. Malgré mes efforts, je ne parvenais à couvrir que 3 secteurs du district, » explique Désiré.

Le cas de Désiré n’est malheureusement pas isolé au Rwanda, et les éleveurs sont les premiers à en pâtir. Dans les zones rurales, il n’y a pratiquement pas de vétérinaires. Vu le temps qu’il leur faut pour arriver jusqu’aux collines les plus reculées, les vétérinaires qui se déplacent arrivent parfois trop tard pour soigner les bêtes, et leurs services coûtent cher. Dans ces conditions, les éleveurs locaux ont beaucoup de difficultés à développer leur élevage, dont la réussite des récoltes agricoles dépend pourtant. En effet, le fumier issu des élevages sert d’engrais pour les cultures.

Un nouveau départ

 

En 2014, le couple a répondu à notre appel à candidatures pour l’installation de vétérinaires privés de proximité. Ils ont alors reçu une moto et un stock de produits vétérinaires, et grâce à notre fonds de garantie, ils ont pu obtenir un micro-crédit auprès d’une institution de microfinance locale. Ils ont aussi suivi différentes formations théoriques et pratiques sur l’entreprenariat et la gestion d’une officine, ainsi que l’insémination artificielle et les techniques de césarienne.

Grâce à sa moto, Désiré propose désormais ses services dans 8 secteurs au lieu de 3. Ses trajets étant fortement réduits (15 minutes en moyenne au lieu d’une heure), il peut satisfaire beaucoup plus de clients en une journée. Il passe plus de temps avec eux, et leur fournit un service de meilleure qualité. Financièrement, les recettes du couple ont été multipliées par deux. Avec un revenu mensuel de 1500 euros, ils ont pu rembourser leur crédit et sont aujourd’hui propriétaires de leur pharmacie vétérinaire ainsi que d’une maison.

Solange et Désiré ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin : « Nous aimerions mettre en place un dépôt d’intrants pour fournir les autres vétérinaires privés de la zone au même prix que celui proposé à Kigali. Nous allons travailler dur pour y arriver ! Nous rêvons aussi d’avoir un laboratoire pour confirmer nos diagnostics cliniques. »

Mais ils ont besoin de renfort : « Nous espérons que Vétérinaires Sans Frontières pourra soutenir d’autres vétérinaires et les aider à s’installer dans la région, car le besoin est toujours là, considérant le grand nombre d’éleveurs. »

 

Soutenez la santé animale au Rwanda

Depuis 2008, nous avons aidé 34 vétérinaires privés à s’installer dans la Province du Sud du Rwanda. Cette année, nous avons prévu d’en installer une trentaine.

Faites un don pour aider des vétérinaires comme Solange et Désiré à développer leur cabinet vétérinaire au Sud du Rwanda.