À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse, nous voulons rappeler une réalité trop souvent ignorée : dans les zones arides de Mauritanie, comme dans l’ensemble du Sahel, l’eau est rare et les précipitations imprévisibles. Entre le début de l’année 2021 et l’été 2022, une sécheresse terrible avait frappé le pays. La pire depuis une décennie. Les terres ont produit jusqu’à 80% en moins.
Ces contraintes climatiques combinées à une pression démographique accrue sur les ressources naturelles, contribuent à la dégradation des sols et menacent les pâturages dont dépendent les communautés pastorales.
Capter l’eau pour restaurer les terres et renforcer la sécurité alimentaire

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Face à ces contraintes, ralentir le ruissellement, capter et retenir l’eau devient essentiel pour protéger les parcours et préserver les ressources naturelles. C’est tout l’enjeu des barrages, seuils de ralentissement et cordons pierreux, qui limitent l’érosion et permettent à l’eau de s’infiltrer.
Là où la terre se fissurait, l’herbe repousse. Là où rien ne poussait, des cultures réapparaissent. Les pâturages se régénèrent pour nourrir le bétail, les sols retrouvent leur fertilité pour les cultures et les familles renforcent leur sécurité alimentaire. Ces transformations montrent qu’avec des solutions simples, adaptées et bien gérées, des terres dégradées peuvent redevenir productives et résilientes.
La gouvernance locale, clé de la durabilité

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Ces infrastructures existent dans certains villages, mais elles sont souvent mal exploitées. Trop rarement, les communautés sont impliquées dans leur conception ou leur gestion. Résultat : l’eau s’échappe, les terres s’érodent et les bénéfices s’amenuisent.
Les infrastructures ne peuvent être durables que lorsqu’elles sont réellement portées par les communautés, qui en comprennent l’intérêt, s’approprient leur objectif et leur utilité, et en assurent la maintenance et l’entretien. C’est le cœur de l’approche de Vétérinaires Sans Frontières Belgique : ancrer les infrastructures pastorales dans une gouvernance locale solide.

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Des comités de gestion villageois sont impliqués dès la conception des ouvrages. Ils organisent l’entretien, gèrent une caisse communautaire et répartissent équitablement les terres redevenues fertiles. Pour être pleinement autonome, chaque comité de gestion bénéficie d’une formation technique et administrative. C’est cet accompagnement qui rend les infrastructures pérennes et utiles.
Comme le témoigne Seltana Mint Salck, trésorière du comité : « La pluie est une bénédiction d’Allah. Mais le plus important quand on a de l’eau, c’est d’en faire une bonne gestion. »
Résilience climatique en Mauritanie : les résultats en vidéo

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Dans toutes les zones appuyées par ce projet, une bonne gestion communautaire des ouvrages a eu des effets durables. 26 comités de gestion ont été formés et accompagnés, 5 845 familles ont obtenu un accès à des terres restaurées, et 4 390 ouvrages anti‑érosion ont été réalisés sur 106 sites.
Le travail de restauration des terres mené par les communautés pastorales est présenté dans la vidéo Résilience climatique en Mauritanie, réalisée avec Karai, Thomas Cytrynowicz et Émilie Tricot, et est disponible sur YouTube.
Mis en œuvre avec Enabel et les partenaires locaux GNAP et ODZASAM, financé par l’Union européenne.

