Dans les régions du Sahel et des Grands Lacs, l’élevage n’est pas seulement une activité économique pour les familles rurales, c’est une véritable bouée de sauvetage. Pour elles, une chèvre en bonne santé est synonyme de lait pour leurs enfants et une poule représente une chance d’améliorer leur vie. Mais les catastrophes climatiques, les maladies animales et les conflits armés mettent de plus en plus sous pression ces communautés vulnérables. Que se passe-t-il si, du jour au lendemain, vous perdez votre bétail ? Que faire si votre seule source de revenus disparaît ? Pour des millions de personnes, c’est la dure réalité. Grâce à notre action au service des éleveurs, nous les aidons à protéger leurs moyens de subsistance face aux catastrophes et à l’incertitude.
Chez Vétérinaires Sans Frontières, nous croyons en la puissance de l’élevage comme moyen d’améliorer le bien-être et la sécurité alimentaire de ces communautés. C’est pourquoi nous nous concentrons sur trois piliers essentiels : l’aide humanitaire, le développement et la paix. Nous apportons ainsi un soutien direct en temps de crise : nous fournissons de la nourriture aux familles, nous protégeons leurs animaux et nous les aidons à reconstruire leur vie. En parallèle, nous investissons dans des solutions structurelles, comme un meilleur accès aux marchés et un élevage durable, afin de renforcer la résilience de ces personnes à long terme. Pour promouvoir la paix, nous soutenons par ailleurs le dialogue et la coopération, aussi bien entre les éleveurs et les agriculteurs qu’entre les personnes déplacées et les communautés d’accueil.
C’est ce à quoi nous travaillons depuis novembre 2023 au Burkina Faso, au Niger, en RD Congo et en Ouganda, avec le soutien de la coopération belge. Grâce à notre expérience et à notre étroite collaboration avec des partenaires locaux, nous avons progressé sur tous ces fronts. Nous partageons ci-dessous quelques-uns de nos résultats inspirants.
Fournir une aide d’urgence aux ménages vulnérables

Au Niger, Vétérinaires Sans Frontières a distribué des colis alimentaires à 260 ménages. © 2SCOM
Les conflits armés obligent de nombreuses familles à quitter leur foyer et à se réfugier dans des zones sécurisées, souvent à proximité des centres urbains. Ces déplacements forcés plongent les personnes déplacées ainsi que les familles locales dans des situations d’extrême vulnérabilité. Nous les aidons à subvenir à leurs besoins de base en leur distribuant de la nourriture et d’autres ressources vitales.
- Au Niger, nous avons distribué des colis alimentaires à 260 ménages. Nous avons également aidé 123 femmes – victimes de violences – à développer une activité économique, afin qu’elles reprennent leur avenir en main.
- En République Démocratique du Congo, nous avons distribué des yaourts à 300 enfants souffrant de malnutrition et apporté un soutien financier à 400 ménages vulnérables.
Garantir le droit à une vie digne et à un avenir meilleur

Deux femmes congolaises reçoivent trois des 400 chèvres distribuées par Vétérinaires Sans Frontières.
Pour les éleveurs de ces régions, le bétail représente une sécurité. Une vache malade ou une poule morte signifie moins de nourriture et moins de revenus. Les soins préventifs et l’accès aux services vétérinaires font donc toute la différence. Nous répondons également à d’autres besoins des personnes déplacées, en mettant en place des infrastructures de base et des activités génératrices de revenus.
- En Ouganda, dans la région de Karamoja, nous avons vacciné 240 000 animaux contre des maladies mortelles. Nous avons également remis en service quatorze points d’eau, offrant ainsi à la population un accès à l’eau potable. Dix autres points d’eau seront bientôt installés.
- En RD Congo, nous avons protégé près de 10 000 chèvres contre la peste des petits ruminants et 4 633 poules contre la maladie de Newcastle. Dans la province du Sud-Kivu, nous avons également distribué 400 chèvres à 260 ménages.
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Au Burkina Faso, Vétérinaires Sans Frontières a appris à 50 femmes à fabriquer du matériel de cuisson amélioré et du charbon de bois écologique. ©Semfilms
Au Burkina Faso, nous avons non seulement fourni aux éleveurs des semences, des engrais et du matériel agricole, mais nous leur avons aussi donné des formations pour leur apprendre à cultiver de manière plus durable et à prendre leur avenir en main. Nous avons ainsi appris à 50 femmes à fabriquer et à vendre du matériel de cuisson amélioré et du charbon de bois écologique. Cette initiative permet non seulement de promouvoir un environnement de vie plus durable, mais aussi de protéger les femmes des dangers liés au ramassage du bois de chauffage.
Promouvoir la cohésion sociale, la réconciliation et la cohabitation pacifique

Vétérinaires Sans Frontières s’engage en faveur de la cohésion sociale en Ouganda en organisant des dialogues interethniques. © Tim Dirven
La cohésion sociale est menacée lorsque les conflits armés s’intensifient et que les différences ethniques s’amplifient. Mais le dialogue peut combler ce fossé. En encourageant les échanges interethniques et la coopération, nous aidons les communautés à cohabiter de manière pacifique.
- En Ouganda, nous avons organisé des dialogues interethniques qui ont permis d’améliorer la situation sécuritaire générale et nous avons formé huit groupes à la gestion des traumatismes.
- En RD Congo, nous avons mis en place douze comités de surveillance humanitaire. Ces comités supervisent les situations humanitaires et assurent une protection aux populations vulnérables.
Renforcer la prévention, la préparation et la capacité de réaction
Nous voulons non seulement apporter notre aide en cas d’extrême urgence, mais aussi prévenir les catastrophes afin qu’elles n’aient pas un effet dévastateur sur les populations. C’est pourquoi nous investissons dans des solutions à long terme et des améliorations structurelles.
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Au Niger, Vétérinaires Sans Frontières a aménagé 140 km de zones pare-feu afin de prévenir les feux de brousse.
Au Niger, nous avons pris des mesures préventives contre les feux de brousse. Nous avons, par exemple, aménagé 140 km de zones pare-feu et mené des campagnes de sensibilisation aux incendies, auxquelles ont participé 408 personnes.
- En République Démocratique du Congo, nous avons formé 28 partenaires humanitaires à la méthode LEGS (Livestock Emergency Guidelines and Standards), une norme internationale pour la gestion du bétail en situation de crise. Les maladies animales représentent une menace non seulement pour les troupeaux et les moyens de subsistance des familles, mais aussi pour la santé publique, en particulier dans le cas des zoonoses, des maladies transmissibles de l’animal à l’humain. Grâce à cette formation, nos équipes et nos partenaires peuvent réagir plus rapidement et plus efficacement aux crises sanitaires affectant les animaux.
Fournir une aide rapide en situation de crise
Lorsqu’une catastrophe survient, le temps est un facteur crucial. Malheureusement, ces catastrophes se produisent de plus en plus souvent dans les régions instables où nous intervenons, et souvent de manière imprévisible. Grâce à notre fonds d’urgence, nous avons toujours pu réagir rapidement et apporter de l’aide aux personnes qui en avaient besoin.
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Un collègue de VSF distribue des ressources essentielles aux victimes d’un incendie dévastateur en Ouganda.
Au Niger, dans la région de Tahoua, 872 éleveurs ont perdu leur bétail à cause de fortes inondations. Nous les soutenons avec des colis alimentaires et une aide financière.
- En RDC, nous avons réagi rapidement à l’épidémie de Mpox en fournissant des kits médicaux et une assistance vétérinaire, et nous avons confirmé des cas de fièvre de la Vallée du Rift.
- En Ouganda, nous avons aidé 62 familles après un incendie dévastateur en leur apportant une aide d’urgence, un soutien financier et des abris temporaires.
Défis à relever et progrès accomplis
Exercer nos activités ne se fait pas sans mal. L’inflation a compliqué l’acheminement de l’aide en Ouganda et en RD Congo, tandis que la situation sécuritaire s’est fortement détériorée au Sud-Kivu. Le changement climatique, qui provoque des sécheresses extrêmes, des feux de forêt et des inondations, pose également d’énormes défis et nous oblige à nous adapter en permanence.
Malgré cela, nous poursuivons notre travail sans relâche. En 2025, nous continuerons à œuvrer pour la protection des populations, leur sécurité alimentaire, la restauration des sources de revenus et l’accès aux services essentiels. Nous voulons aussi renforcer notre capacité de réponse aux crises, en mettant l’accent sur les urgences en matière de santé animale, les catastrophes climatiques et les conflits dans les régions touchées.
Nous resterons mobilisés pour les familles qui dépendent de leur bétail. Pour les enfants qui ont le droit de grandir en bonne santé. Pour un avenir où personne n’aura à perdre sa seule source de revenus à cause d’une crise ou d’un conflit. Car tant que les gens se battront pour leur avenir, nous nous battrons à leurs côtés.


